CARLOS MORTENSEN
De son vrai prénom : Juan Carlos
Surnom : El Matador
Né : le 13 Avril 1972 à Ambato en Equateur
Issu d'une famille nombreuse (le 5ème des 6 frères), il a vécu en Equateur jusqu'à sa quinzième années pour s'installer ensuite à Madrid.
Après avoir obtenu un diplôme en physiques et mathématiques, il quitte sa famille pour vivre avec Cécilia (son épouse jusqu'en 2006 et joueuse de poker professionnelle environ 230 000 $ de gains) et achète sa première maison à 19 ans. Il a fallu qu'il cumule jusque trois boulots simultanément pour la payer, notamment en tant que barman dans un bar appelé « Montera ». C'est là qu'il fait connaissance avec le Texas Hold'em le 15 avril 1995.
Il s'y jouait une variante qu'il ne connaissait pas, introduite en Espagne par Gonzalo Garcia Pelayo.
Un portrait dans le portrait
Impossible de ne pas faire le portrait ici de
Gonzalo Garcia Pelayo et de sa famille qui ont défrayé la chronique espagnole pendant près de 10 ans, les héros d'une aventure rocambolesque.
L'histoire commence avec une simple théorie de Gonzalo : « Partant du principe que, dans la vie, rien n’est parfait, pas même une montre suisse, et, stupéfaction, pas même les navettes spatiales de la Nasa, je me suis dit que les roulettes ne devaient pas l’être non plus. Une imperfection, même minime, entre deux numéros qui peut pousser la boule à se loger plus souvent sur certains numéros plutôt que d’autres. »
Pour vérifier sa théorie, Gonzalo et sa famille vont inlassablement , jusqu'à 12 heures par jour, inventorié des milliers de chiffres gagnants déversés par les roulettes. Il leur fallait pas moins de 5000 lancers de boule par roulette pour que le résultat de leur recherche soit probant.
Après analyse, plus de doute possible et ils vont écumer tous les casinos d'Espagne empochant plus de 250 millions de pesetas, 12 millions de francs de l'époque.
Interdits de casino par la suite, Gonzalo décida d'un autre challenge.
De la roulette, il s'attaque au Texas Hold'em. Il passera des centaines de nuits blanches à mettre au point des stratégies gagnantes à l'aide de sa famille et de « passionnés » de poker. Le poker étant interdit à l'époque en Espagne, toutes ces études de probabilités se faisaient de l'arrière salle du bar « Montera », où Gonzalo enseignera ses théories stratégiques au jeune barman Carlos.
Gonzalo a non seulement introduit le Texas Hold'em en Espagne mais est aussi celui qui lancera le premier site de poker online et un des premiers livres sur le poker paru en espagne « Apprendre à jouer au poker sur internet avec Los Pelayos »
Mais bien avant de recevoir cet enseignement, Carlos se lance sans la connaître dans cette variante qui le fascine et y perdra ce premier soir 100$.
Intrigué par cette perte, il retentera le lendemain en doublant cette fois son investissement et ainsi de suite pendant 4 jours d'affilés.
Cette passion naissante le poussera à vouloir trouver d'autres lieux, d'autres adversaires, il décide alors de partir en 1997 pour les Etats-unis, sans parler un mot d'anglais, avec juste son sac à dos et environ 400 000 pesetas.
De ne pas comprendre ce qui se disait aux tables, l'oblige à observer davantage les tells, et alors que la lecture de ses adversaires n'en est que bien meilleure, sa bankroll, elle, fond comme neige au soleil, jusqu'à ce qu'il décide de jouer des parties de cash 2$/4$, pour être plus riche de 10 000$ à son retour en Espagne, son visa ayant expiré.
En 1999, alors qu'il jouait dans un « chalé » à Madrid avec les légendes du poker espagnol (dont Gonzalo garcia pelayo), et parce-qu'ils voient un potentiel en lui, proposent de lui payer l'inscription au 10 000 $ Championship des W.S.O.P ainsi que le voyage.
Il a malheureusement été éliminé le premier jour et perd le reste de sa bankroll dans des parties annexes. Ne lui reste plus qu'un ticket pour un tournoi à 100$ au mirage, où il termine 3ème avec 4000 $.
Avec sa cagnotte en main, il retourne dans le cash game où il gagne pas loin de 10 000 $.
En 2000 et 2001, il enchaine les gains et les performances jusqu'à sa fameuse victoire au W.S.O.P, dans ce même Event qui lui avait échappé deux ans plus tôt, avec un gain de 1 500 000 $ (devant notamment Mike Matusow, Phil Helmuth, et gagnant du heads up face à Dewey Tomko).
Carlos (interview du 25 juillet 2011) : « L'échec n'existe pas jusqu'à ce que la personne abandonne. Même si ça ne se passe pas bien, si vous continuez à essayer, vous ne serez pas en échec. L'échec est pour celui qui jette l'éponge. »
Lorsqu'on lui demande s'il recommanderait à un joueur de devenir professionnel : « En général, non. C'est très dur, n'est pas or tout ce qui brille. On a des hauts et des bas. Il y a des millions de joueurs et peu vivent du poker. Il faut gagner pour survivre. J'ai vu beaucoup de joueurs arriver, triompher apparemment et disparaître. »
PALMARES :
Sur pokergratuit la finale WPT Borgota Atlantic City 2003 :
http://www.pokergratuit.fr/forum/tournois/wpt_borgata_atlantic_city_2003-t5313.0.html;msg52528Aussi, la finale WPT Championship Las Vegas 2007:
http://www.pokergratuit.fr/forum/tournois/wpt_championship_las_vegas_2007-t5501.0.htmlCarlos est un des deux seuls joueurs à avoir remporter à la fois un titre WPT et un titre WSOP. Il partage cet honneur avec le non moins célèbre, une légende du poker, Doyle « Texas Dolly » Brunson.
L'exploit également d'être un des deux seuls détenteurs de 3 titres WPT avec Gus Hansen. Un quatrième titre étant à sa portée au WPT Los angeles Poker Classic en février de cette année mais l'histoire en a décidé autrement. A suivre...
GAINS :
Actuellement:
12ème de la All Time Money List avec pas loin de
10 800 000 $ de gains2ème de l'Europeans All Time Money List (juste devant Gus Hansen)
1er de la WPT All Time Money List avec environ 6 400 000 $
1er de la Spain All Time Money List
STYLE DE JEU :
Loose agressifBluffeur : « Tout le monde reçoit le même nombre de cartes bonnes ou mauvaises, de là pour gagner la nécessité de bluffer. »
Le bluffeur bluffé!
Confrontation entre Carlos Mortensen et Guy Laliberté au WPT Bellagio, Las Vegas 2007
Il se définit lui-même comme imprévisible : « Je suis difficile à lire, je varie beaucoup mon jeu. Je fais un peu de mathématiques, puis un peu de hasard, je bluffe à nouveau... »
Un conseil du champion : « Il ne faut pas avoir peur de perdre. Si vous perdez, c'est que vous avez pris les mauvaises décisions. »
Il a développé un don pour se souvenir de ses adversaires, de leurs tells, des mains jouées contre eux. Et pour ceux qu'il rencontre pour la première fois : « Je pense que tous les joueurs ont des limites ou des situations où ils se sentent inconfortables, c'est à ce moment là que je les teste. »
La plus grande qualité pour un joueur de poker selon Carlos est le sang-froid, pour ne pas être affecté par les défaites : « C'est dans les mauvaises passes, que nous avons tous, qu'il faut réussir à se dépasser, et avoir du sang-froid pour ne pas tout dilapider. »
La variante où il excelle est le No Limit Hold'em mais il a également fait de bons résultats notamment à l'épreuve du H.O.R.S.E (Hold'em/Omaha/Razz/Stud/Eight or Better) en 2003 (2000 $ H.O.R.S.E 11ème) et en 2010.
Avant d'être un joueur de poker, il est un joueur d'échecs.
Ces autres passions sont nombreuses et sportives comme le golf, le Kitesurfing (sur le lac Mead, près de sa maison), le quad....
Equatorien d'origine, il vit à Las Vegas aujourd'hui mais se sent avant tout espagnol. L'Espagne est sa plus grande passion : « Je suis fier de représenter l'Espagne dans des tournois. Quand j'ai gagné les W.S.O.P, j'ai crié “Viva España”. Je me sens espagnol, et c'est un beau pays que j'emmène partout avec moi. »
Un grand joueur, peu médiatisé, au palmarès impressionnant, dont l'actualité, sans nul doute, ne cessera de s'enrichir dans les années à venir.
