bb08dd
Membre Cuivre

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« Répondre #1 le: 17 Septembre 2010 à 08:42:03 » |
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Voici une histoire que Joe raconte dans son livre et que je vous laisse découvrir...
Les étudiants de première année de médecine rejoignaient l'amphithéâtre pour le cours de physiologie dispensé par le Docteur Patel. Celui-ci était l'un des plus anciens enseignants de l'université. Il avait la réputation d'être plutôt strict et à cheval sur la discipline. Le silence s'est donc tout naturellement installé lorsqu'il a fait son entrée dans l'hémicycle, son sac de médecine usé jusqu'à la corde, serré dans sa main droite.
Le Docteur Patel a rapidement gagné l'estrade puis sorti un flacon jaune de son sac qu'il a placé sur le pupitre en face de lui.
- Il y a quelque chose dont j'aimerais vous parler, lança-t-il, un soupçon de colère dans la voix. Il y a une rumeur qui circule. Il paraît que vous vous plaignez de travailler trop dur, que les devoirs sont trop difficiles, qu'il y a trop d'heures de cours.
Le docteur marqua une pause et observa les visges des étudiants assis en face de lui sur les gradins.
- Eh bien laissez-moi vous dire une chose, ajouta-t-il la mine sévère. Vous ne connaissez pas votre chance ! Quand j'étudiais, moi, la médecine, nous travaillions aussi longtemps et aussi dur que vous et, nous n'avions pas les luxueuses installations et les laboratoires modernes, sans lesquels vous n'imagineriez pas travailler. Par exemple, comment est-ce que vous dépistez le diabète ? demanda-t-il à l'assemblée.
Une étudiante assise au troisième rang répondit:
- Il faut recueillir un échantillon d'urine puis l'envoyer au laboratoire pour qu'il l'analyse. - Parfait, répondit le Docteur Patel. - Et ensuite ?
L'étudiante se redressa sur son siège.
- Nous attendons que le laboratoire nous communique les résultats pour établir un diagnostic. - Tout à fait, s'exclama le Docteur Patel. Mais, à mon époque, tous ces laboratoires modernes d'analyses n'existaient pas. La plupart du temps, nous devions effectuer les tests nous-mêmes, sans aucune aide extérieure. Par exemple, savez-vous comment je devais effectuer les tests pour dépister le diabète ?
L'étudiante secoua la tête et répondit:
- Non. - Je vais vous le dire: en goûtant.
Cette fois l'étudiante secoua la tête incrédule.
- Eh oui ! insista le Doteur Patel. Si l'échantillon était sucré, le patient souffrirait du diabète.
Il saisit la fiole de liquide jaune.
- Voilà un échantillon d'urine que j'ai pris au laboratoire. Et voyez-vous, je suis toujours capable de procéder à ce genre de tests à l'ancienne.
Sa phrase à peine terminée, les étudiants le virent plonger son doigt dans le flacon puis le lécher.
- Mais c'est dégueulasse ! s'écria l'étudiante, le visage déformé comme si elle venait de sucer une tranche de citron. Une vague de dégoût se propagea dans l'amphithéâtre. Elle n'était manifestement pas la seule à trouver l'exercice répugnant.
- Bonne nouvelle, ce patient n'a pas de diabète, déclara le docteur en essuyant son doigt avec un mouchoir qu'il avait extirpé de sa blouse de laboratoire. Les étudiants, toujours sous le choc de cette démonstration, se mirent à murmurer jusqu'à ce que le Docteur Patel réclame le silence. - Je suppose que certains d'entre vous se demandent pourquoi je me suis livré à telle démonstration, demanda-t-il en replaçant le flacon sur le pupitre. En fait, j'avais deux raisons. En premier lieu, je voulais vous rappeler que les études de médecine n'ont jamais été faciles et que, si vous ne pouvez pas supporter la pression, il vaut peut être mieux que vous abandonniez tout de suite. A présent, pour que vous n'oubliiez pas que les études médicales sont diffiiciles, je veux que chacun d'entre vous vienne ici et fasse exactement ce que j'ai fait, ajouta le Docteur Patel en tapotant le flacon rempli d'urine. Je veux que vous goûtiez réellement la difficulté des études de médecine.
Personne ne bougea parmi l'auditoire.
- Allez ! Ne soyez pas timide !
Personne n'esquissa le moindre geste.
- Aurait-on besoin d'un brin de persuasion ? demanda le docteur. - Vous devez réussir ce test pour être autorisé à poursuivre vos études... Ceux qui refuseront de s'y soumettre seront exclus sur le champ de la faculté de médecine.
L'annonce fit son effet. Lentement, à contre coeur et la mine déconfite, les étudiants s'approchèrent de l'estrade, plongèrent leur doigt dans le flacon, goûtèrent l'urine et se précipitèrent aux toilettes avant de regagner leur place dans l'amphithéâtre pour assister à la suite du cours.
Une fois que tous les étudiants eurent regagné l'amphithéâtre, le docteur a repris la parole.
- Cette première leçon était cruciale mais pas autant que la seconde. Il prit un instant pour replacer le flacon dans son sac, marqua une nouvelle pause et ajouta avec un brin d'emphase:
- Je souhaitais également vous montrer l'importance de l'observation dans le travail du médecin, et cela à chaque instant. Parfois, un patient vous dira quelque chose alors que son corps vous dira autre chose. Si vous les observez attentivement, vous pourrez peut-être repérer la divergence. Vous disposerez ainsi d'un supplément d'informations pour établir le diagnostic le plus précis possible. - A quel point l'observation peut-elle se révéler importante ? Le docteur Patel laissa poindre un sourire pour ponctuer la fin de sa phrase. - Eh bien, si vous m'aviez observé avec attention, vous auriez remarqué que j'ai plongé l'index dans le flacon, mais c'est le majeur que j'ai lêché !
Et voilà la leçon ! Mon prochain post traitera donc de l'observation minutieuse selon notre ami Joe.
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